Archives de catégorie : Veille Marketing

Game of Thrones, la série culte qu’on regarde ailleurs qu’à la TV.

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Diffusée en France par Orange Cinéma Séries puis Canal +, cette série de HBO rend viscéralement addict ses spectateurs comme ont sur le faire dans leurs meilleures saisons Lost Prison Break ou 24h.

Comment cette série a-t-elle réussi à faire parler d’elle, à capter l’attention du public sans passer par la case TF1 ou M6 ?

Premièrement, le style narratif et l’univers sont clés. Même si l’action se passe au Moyen-Age et révèle quelques dragons, morts vivants ou sorcières, tout cela est discret et ne se met en place que progressivement. Rien à voir avec Xena la guerrière ou autres navets de ce genre.

Le succès provient ensuite de ces personnages qui sortent du cadre manichéen du héros qui l’on suit dans sa quête pour vaincre le mal. Et des personnages, il y en a pléthore. Présents cinq min dans chaque épisode, ils révèlent petit à petit leurs fêlures, ombres, complexités dans leur lutte pour le pouvoir. Mais 5 mn par personnage c’est trop peu car on veut tout savoir d’eux et découvrir s’ils vont déjouer les dangers qui les guettent.
Résultat, on s’attache à un nain hideux, malicieux et libidineux, on vibre avec un enfant paraplégique ou un bâtard, on est dégouté par la traitrise d’un eunuque manipulateur…

Et toute leurs intrigues politiques,  militaires, ces luttes pour conquérir le pouvoir entremêlées d’amour, de sexe et de jalousie sont terriblement humaines et  pourraient prendre place dans toutes les cours de l’Antiquité ou du Moyen-Age.

Bien évidemment chaque épisode se termine par un événement qui redistribue les cartes et nous tient en haleine.

Enfin, c’est une série sans tabou qui joue avec ses personnages. Aucun n’est  intouchable, ne dispose d’une intelligence supérieure aux autres, et peut donc disparaitre de l’aventure à tout moment (imaginez Jack Bauer mourir avant la 24ème heure). Sans taboue avec un frère qui vend sa sœur à des barbares, des scènes d’inceste ou des têtes qui volent.

Au delà du style narratif et de la densité de l’univers, le producteur et diffuseur HBO a tapé juste dans sa stratégie de communication.

Pour accompagner les spectateurs pendant la saison 2, HBO a alimenté un blogs révélant les making off et dessous des cartes du tournage,  et une carte interactive pour mieux comprendre les enjeux et luttes des différentes familles.

Pour lancer la saison 3, la chaine a su créer le désir avec la double-page ci-dessus dans le New York Times.

Enfin, le dernier facteur de succès reste le piratage : l’immense majorité du public regarde les épisodes en les téléchargeant  illégalement.  Avec plus de 5 millions de Dollars par épisode,  cette série est la plus piratée du moment. Résultat, chacun la voit à son rythme et sourit à la machine à café quand les collègues sont admiratifs du courage et de la vertu de Ned Starck espérant qu’il mènera l’enquête jusqu’au bout.

Un nouvel espace publicitaire fait femme.

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Les hommes sandwich sont encore là ? Et bien plus pour longtemps. Du moins au Japon, où l’agence Absolute territory PR  utilise le tour de cuisse  de jeunes filles pour y caser des pubs sous forme de décalcomanies. Deux conditions pour commercialiser ses tours de cuisse :

  • avoir plus de dix-huit ans
  • prouver que l’on est suffisamment « cyberpopulaire » avec un volume de fans et followers conséquent.

Comment ça marche ? Les jeunes filles doivent s’habillent de chaussettes montantes qui arrivent au-dessus du genou et d’un échantillon de jupe pour laisser place à la pub, cet endroit est aussi poétiquement nommé par les japonais « le territoire absolu ». Il s’agit ensuite de déambuler dans différents endroits abondamment fréquentés pendant huit heures, de se prendre en photo avec la publicité, de les poster sur ses pages Twitter,  et Facebook.

Pas de place pour les âmes trop féministes puisque, selon le Daily Mail, déjà plus de 2 600 japonaises sont déjà engagées par l’agence, ce travail leur permettant de gagner entre 10 et 130 dollars par jour.

Si ce support est adapté pour promouvoir les résultats d’une parfaite épilation des jambes, d’autres marques et même des groupes de musique l’utilisent. En tête Green Day, groupe de punk rock américain, pour mettre la tête Billy Joël Armstrong sur les cuisses des femmes. Ca a dû les faire marrer.

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Le MMA : du Muscle, du Marketing et de l’Argent.

Si vous vous êtes demandés qui, d’un karateka, judoka, boxeur et un prof de yoga, est le plus fort, le MMA (Mixed Martial Art) va vous apporter une réponse directe.

Cette nouvelle discipline permet en effet aux pratiquants de tous les sports de combat  d’en découdre avec des règles qui leur permettent de s’exprimer.
Sous l’impulsion de l’UFC (Ultimate Fighting Championship c’est à dire la fédération internationale), ce sport s’est structuré et  marketé au point de dépasser aux Etats Unis les revenus de  la boxe. Et ce phénomène s’exporte : 175 pays diffusent les tournois majeurs.

Bien qu’interdit en France, ce sport a immédiatement  passionné un large public qui regardait les combats sur Youtube ou s’échangait les CD sous le manteau. Aujourd’hui, les combats sont retransmis sur RTL 9 (qui diffuse depuis le Luxembourg) et qui doublerait ses parts de marchés lors des combats).

Les raisons du succès ? L’UFC a lancé, calibré et médiatisé ce sport comme une marque.

A l’origine du décor, de la scénographie il fallait un Directeur Créatif.
Le choix s’est porté sur John Milius. Si ce nom ne vous dit rien, c’est le réalisateur/scénariste de Conan le Barbare avec Schwarzenegger. C’est lui qui a imagine entre autres le décor : une cage en métal octogonale, figure géométrique censée ne désavantager aucun combattant mais surtout formidable attribut fantasmagorique et barbare.

Il faut ensuite un produit qui procure un bénéfice immédiat et intense : hausser le taux de testostérone. Les règles sont très simples et rendent les combats aussi courts que brutaux: tous les coups ou presque sont permis (on peut prendre, frapper l’adversaire avec toutes les parties du corps) , le vainqueur gagne par KO ou soumission ; il n’y a aucune décision finale du juge qui pourrait prêter  à confusion.
Le Président de l’UFC déclare « Le combat est dans l’ADN de tous les êtres humains ». Cet insight est parlant.

Le produit doit être plaisant, festif à l’extrême. Le MMA est aux arts martiaux ce qu’est le snow board pour le ski : les bermudas de combat sont relookés surfeurs, ont un coté rock n’roll qu’on a pas dans le judo ou le karaté très traditionnels. Les combattants ainsi vont s’inspirer des catcheurs américains et cultiver leur look.

Il faut ensuite médiatiser les combats en dehors des salles. La star du MMA, le canadien Georges St Pierre a déjà rempli pour un combat (en plus d’une salle de 20 000 personnes) 350 salles de cinéma au Canada. Cette même soirée est commercialisée sous une forme freemium par  l’UFC Facebook : les premiers combats sont gratuits et 800 000 personnes paient le pay per view pour suivre les combats vedettes.

Facebook et les réseaux sociaux sont clés sur le parcours d’achat :  les pesées sont retransmises ; les combattants se doivent de répondre en direct sur Twitter à leurs fans et ses médiaux sont puissants : l’UFC a 10 millions de fans sur sa page Facebook et Georges Saint Pierre 500 000 followers.

Pour finir, il faut élargir sa gamme et faire du buzz. L’UFC a réussi les deux à la fois avec Ronda Rousey. Cette ancienne championne de judo, devenue championne de la WUFC, a apporté à ce sport une touche glamour et un sacré buzz lors de sa contreverse avec Kim Kardashian.

Le concours Lépine 2.0 chez Auchan.

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C’est par ce que  « Les meilleures idées viennent de la tête des clients ». qu’Auchan s’est associé avec Quirky. Cette start up new-yorkaise a tout compris au commerce collaboratif et commercialise sur sa plate-forme les meilleures idées de nouveaux produits de ses 300.000 contributeurs. Hyperactifs, ces derniers déposent chaque semaine plus de 3 000 nouvelles idées.

Le processus est simple : vous déposez votre idée en payant 10 $ puis échangez avec le réseau social pour améliorer votre produit. S’il est sélectionné par les Internautes lors du vote du jeudi, Quircky prend le relai pour la fabrication et vous rétrocède  40% des bénéfices.

250 produits (accessoires high tech, outils de bricolage, de déco ou de bureau) ont ainsi été commercialisés et le best seller, le Pivot Power, une multiprise sur laquelle l’on peut brancher plusieurs gros adaptateurs, a été vendus à plus de 400 000 exemplaires et a permis à son inventeur d’empocher 350 000 €.

Auchan a ainsi  l’exclusivité commerciale des produits Quircky pour l’Europe (ce fameux Pivot Power est malheureusement en rupture de stock) et encourage les inventeurs français en sponsorisant les 10 $ d’inscription sur son propre site.

Une interface en français sera bientôt proposée pour encourager l’inventivité des consommateurs français et à terme installer dans ses rayons les produits qu’ils auront imaginés.

Ce projet a été présenté il y a 3 mois, aucun produit n’est encore soumis aux votes des internautes mais nous allons suivre de près l’évolution de ce projet.

Le crowdfunding, une alternative de financement concrète, viable en plein décollage.

Interview Nicolas Dehorter, auteur du « guide du crowfunding, réussissez votre campagne ». Le crowfunding est-il rentré dans le monde réel ou est-ce toujours une utopie ?

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L’idée simple de se rassembler pour donner et multiplier l’impact des contributions paraissait totalement irréaliste il y a moins de quatre ans. Beaucoup n’imaginaient pas que les internautes, même s’ils partageaient et commentaient les œuvres de leurs artistes préférés, seraient prêts à s’engager d’une manière « sonnante et trébuchante ». Soutenir un artiste, commanditer une œuvre, est longtemps resté un privilège, la fameuse « danseuse du Président ». Commander des œuvres ou en collectionner était la marque des puissants (Louis XIV ou les Médicis en sont l’exemple), un signe de luxe et d’affirmation d’un statut, comme cela s’observe avec les grands patrons d’aujourd’hui. Mais tous les spécialistes s’accordent à le dire : le début du XXIe siècle est une époque de rupture.

La révolution numérique a bouleversé les usages et les habitudes de consommation, la démocratisation du web a donné une nouvelle place à l’utilisateur-consommateur et a redistribué les rôles.

Les sites de financement participatif permettent aujourd’hui à tout un chacun de contribuer à la création artistique, en se basant sur ces principes simples : si l’on se rassemble pour donner – même un peu –, si l’on multiplie l’impact de chaque contribution, l’aide est non seulement concrète et matérialisée (un nom, un visage, un projet à soutenir et un suivi), mais l’internaute peut aussi s’impliquer davantage en devenant prescripteur ou même un «Early adopters ».

Qui sont les acteurs majeurs ?

En France, c’est MyMajorCompany qui a popularisé la dimension participative en rencontrant le succès dès son premier artiste financé et lancé, le chanteur Grégoire. Aujourd’hui, les sites d’intermédiation fleurissent, même si beaucoup ont quelques peines à trouver leur équilibre. Les sites comme Babeldoor, Kiss Kiss Bank Bank, Octopousse ou Ulule en France, légitiment par le nombre de projets financés (plus de 15000 à ce jour) la pertinence de leur rôle.

Le retour sur investissement est-il le moteur des financeurs ?

De grands musées ou instituts culturels de renom ont recours au financement participatif.
Son développement coïncidant avec la baisse des financements publics de la culture et du mécénat d’entreprise, mais pas seulement…

Il y a évidemment le contexte, le web est aujourd’hui social, les internautes participent et commentent ; il ne manquait plus qu’ils puissent s’engager concrètement, c’est à dire ici financièrement. Une difficulté manifeste des créateurs (que cela soit des artistes ou des entrepreneurs) d’accéder à un financement bancaire, mais surtout et l’on en parle assez peu, il y a  un réel rejet du capitalisme financier et du système actuel, le développement de l’investissement éthique et la consommation collaborative. Un certain nombre de citoyens sont prêts à investir leur argent sans rechercher un retour sur investissement en numéraire. La croissance des investissements éthiques labellisés Finansol et le développement d’une agriculture de proximité via les AMAP ou « la ruche qui dit oui » montrent l’intérêt d’un retour sur investissement qui réside dans la création de liens. Il faut pour moi le souligner, une nouvelle manière de consommation s’affirme,

Où trouve-t-on les sources du crowdfunding ?

En réalité, cela ne date pas d’hier mais quand on dit, le crowdfunding cela fait tellement plus tendance, exotique et nouveau ! Le financement participatif se développe parce qu’il a démontré sa viabilité par le financement de projets culturels et ouverts et qu’il répond de façon très concrète et efficace aux aspirations citoyennes grâce à sa très grande capacité d’initiative individuelle et collective.

Mais les artistes indépendants ont toujours fait appel au soutien populaire, à leur réseau de proximité pour réussir à mener leur projet et avoir une carrière ( Cassavets en 1968, avec son film Shadow.

Ainsi, s’il ne faut pas y voir une révolution, on peut clairement considérer cette «nouvelle» voie de financement, comme une alternative complémentaire viable et concrète méritant toute notre attention ou du moins celle des futurs créateurs.

Nicolas Dehorter est bloggueur, consulant et spécialiste du crowfunding.
La seconde édition du « guide du crowfunding, réussissez votre campagne » vient  de sortir.

Le blog : http://www.monartisteleblog.fr
Le livre : http://www.leguideducrowdfunding.com

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