Ma région, ma marque – Paris à la mode

*C’est humain, chacun a un attachement à sa région d’origine. Elle participe à la construction de l’identité et du caractère des individus. Elle fait que certains prennent plaisir à se rencontrer lorsqu’ils viennent du même « coin ». Le sentiment régional est une prise de conscience, une redécouverte de soi… et de l’autre ! Face à d’autres modèles culturels, à une forme de mondialisation étouffante, on prend conscience de ses propres spécificités culturelles.

La puissance émotionnelle que dégage SA région a poussé de nombreux entrepreneurs à créer une marque qui surfe sur l’identité régionale des consommateurs. Le cola est assez représentatif de cette appropriation régionale : Alpa Cola, Breizh Cola, Auvergnat Cola, Corsica Cola, Elsass Cola, Fada Cola, Poitou Cola… tous font même de l’ombre au géant américain et les consommateurs locaux lui préfèrent souvent un soda régional. Si bien que la marque d’Atlanta, poussée dans ses retranchements, en est même venue à communiquer sur la « régionalité » de fabrication de son soda en affichant sur ses bouteilles le lieu de production régional. Un made in chez vous quoi.

Cola-Wars

Mais ces marques régionales que l’on imagine facilement cantonnées au « locavorisme » (le fait de consommer des produits de sa région) vont bien au-delà. S’infiltrant dans la mode, l’ameublement, la déco, la vaisselle, les accessoires, papeterie et gadgets, elles permettent de se différencier et d’afficher avec fierté son identité propre dans un monde d’uniformisation et de « il faut se fondre dans la masse ». Elles s’appuient sur des références de terroir, d’authenticité, de traditions, de spécificités locales, d’éthique et d’exotisme, d’idiomes et d’expressions.

Mais que l’on ne s’y trompe pas ! Paris, ville peuplée de Proviciaux, ou de fils/filles de, est elle aussi devenue une marque régionaliste. Bien sûr, les Parisiens pure-souche peuvent s’y retrouver, mais le symbolisme de la ville est à la fois une formidable manne touristique et l’opportunité de créer des marques à fort caractère en surfant sur l’imaginaire et le réel de ce qui à fait le succès de la « Marque Paris ».

75

Si le Parisgo Cola et le Paris Cola, pointent le bout de leurs bulles, ça pétille aussi du côté de Gallia une bière Parisienne, Commune de Paris et mode 75 plongent dans la mode, l’un dans le trendy chic très culturel, l’autre plus branchouille, jouant (ou non) sur le second degré « j’me la pète grave ». Chacun son public…

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Les Parisettes, elles, jouent la carte de l’éclectisme, un regard plus soft, clin d’œil mignon, chic et féminin avec leur market place bourré de produits estampillés Paris à la fois fashion avec leur série de tour Eiffel « créateurs » et créatifs avec des cartes froissables ou des extincteurs déco griffés 75.

Alors oui, les marques Parisiennes jouent sur la fibre régionaliste, mais les modeuses-faiseuses de tendances décrient déjà l’opportunisme de certaines marques qui se revendiquent made in Paris pour fourguer des vêtements ou des cosmétiques d’une grande banalité à des consommateurs pour qui tout produit made in Paris devient la référence.

Et si au travers de toutes ces marques se crée une identité parisienne forte, leur potentiel dépasse les frontières même de l’hexagone. La capitale a cette spécificité de recevoir le plus grand nombre de touristes du monde (27 millions de touristes en 2012 dont 18 d’étrangers. Où se situe alors la valeur réelle de l’identité régionale face au pouvoir d’achat titanesque des visiteurs français et étrangers désireux de ramener un souvenir de leur voyage dans la Ville Lumière ? C’est en effet bien dans le cas de Paris qu’apparait la frontière la plus mince entre produit régional à forte identité et produit touristique opportuniste.

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